(AOF) - Selon Jacques-Aurélien Marcireau, co-responsable de la gestion actions chez Edmond de Rothschild AM (France), "historiquement, les rôles sont bien définis : aux semi-conducteurs la cyclicité, la proximité avec la macroéconomie, et aux logiciels la croissance séculaire, structurelle.
"Aujourd'hui, nous observons une inversion des rôles : l'industrie du logiciel a gagné en maturité et les lois de la gravité et de l'économie commencent à s'y appliquer, surtout que cette dernière est devenue une composante conséquente du budget des entreprises", poursuit-il.
Parallèlement, le monde des semi-conducteurs s‘est temporairement extrait de la réalité économique, porté par un super cycle mêlant rupture technologique et ambitions démesurées, renforcées par un cas d'école de dilemme du prisonnier. (Pour Jacques-Aurélien Marcireau, le dilemme du prisonnier caractérise une situation dans laquelle des acteurs économiques concurrents, qui ne communiquent pas entre eux, prennent des décisions rationnelles basées sur la recherche de leur propre intérêt mais qui, ce faisant, desservent l'intérêt collectif).
Les investisseurs tactiques ne s'y sont pas trompés : à court terme les semi-conducteurs offrent révisions haussières en cascade, dont les algorithmes sont également friands, pendant que les acteurs du logiciel continuent leur croissance mais ne peuvent surprendre outre-mesure.
C'est ainsi qu'une technique désormais populaire consiste à parier sur la baisse du logiciel et la hausse des semi-conducteurs.
Les observateurs peu consciencieux verront dans les variations boursières, la confirmation des prophéties de disruption du logiciel par l'intelligence artificielle, théorisée à partir du mois d'avril 2025, principalement par ceux-mêmes dans le camp de l'IA qui ont besoin de lever 110 milliards de dollars d'ici 3 mois pour honorer leurs engagements.
"L'intelligence artificielle affectera profondément notre tissu économique dans le temps, mais superposer ces prédictions sur la situation actuelle n'est pas solide en termes de causalité, quand on sait que les licenciements massifs n'ont pas encore sérieusement commencé dans les centres d'appels, disruptés théoriquement depuis déjà 3 ans maintenant", souligne Jacques-Aurélien Marcireau.
"Ne nous y trompons pas, nous vivons une parenthèse boursière : une fois sortis de la configuration actuelle de marché, il y aura autant de victoires et de déboires du côté des semi-conducteurs que du côté du logiciel", affirme t-il, par ailleurs.

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